Les "Bourses" s'envolent, la pauvreté aussi!

Publié le par Section de Cannes


La globalisation capitaliste, c’est la crise !


 Qui oserait encore parler de présidence du pouvoir d’achat ? Chaque jour qui passe confirme au contraire une entreprise de dépeçage systématique du pouvoir d’achat populaire.

Pour la carte famille nombreuse, le boulet était passé très près. Devant le tollé suscité par l’annonce de sa suppression, Sarkozy a suspendu cette décision quelques heures à peine après que son ministre des Transports l’eut confirmée. Un week-end plus tard, c’est Roselyne Bachelot qui monte à son tour à l’assaut et ajuste cette fois les assurés sociaux entre les deux yeux : désengagement complet de la Sécu des remboursements des lunettes et des frais d’optique ! Une véritable provocation au lendemain d’une journée nationale de mobilisation des maladies contre les franchises médicales.

Mais pour le gouvernement, taxer les salariés ne suffit pas, il faut en plus les culpabiliser, les montrer du doigt pour justifier le recul de leurs droits. Au moment même où le Parlement entame la discussion d’un projet de loi prétendument destiné à « moderniser le marché du travail », on apprend qu’il concocte un projet de sanctions, avec perte des allocations, à l’encontre des chômeurs qui refuseraient deux offres d’emplois si celles-ci ne sont pas inférieures à 70% de son salaire antérieur et localisées jusqu’à deux heures de son domicile.

C’est paraît il les nouveaux critères de ce que le gouvernement baptise d’un nouveau sigle, OVE, une offre valable d’emploi. Le salarié chômeur, taillable et corvéable à merci, un rêve auquel le patronat a moins que jamais renoncé. Quant au projet de loi lui même, qui s’appuie sur une négociation menée le couteau sous la gorge entre les syndicats et le MEDEF, il n’apporte en rien la sécurisation des parcours professionnels annoncée mais, à y regarder de près, plutôt tout le contraire : des contrats fragilisés, des périodes d’essai allongées...

Et Laurence Parisot n’y voit qu’un début : "Il faut dédramatiser, il va falloir continuer à s’adapter à la globalisation ", déclare-t-elle... La globalisation, justement, parlons en. C’est elle qui provoque les émeutes de la faim qui éclatent un peu partout en ce moment sur la planète ; une globalisation qui, trop obsédée à servir les marchés, a oublié de nourrir les hommes !

Celle qui a entraîné les marché dans une folle spéculation sur les denrées agricoles de première nécessité au point de menacer aujourd’hui, aux dires de l’ONU, plus de trente pays de très graves déstabilisations. Celle qui organise de plus en plus la localisation des activités industrielles en fonction d’un critère unique, le dumping salarial, comme on vient de le voir encore avec la grève des ouvriers de Dacia. Celle qui pour éponger les énormes masses financières englouties dans les faillites bancaires provoquées par la crise des subprimes américains serra partout le robinet des crédits et des dépenses publiques.

La « modernisation du marché du travail », ce serait donc cela : s’adapter encore et encore à cette globalisation capitaliste...

Mais qui ne voit qu’à l’origine de tous ces ravages, il y a toujours la même obsession de rentabilisation financière des marchés, des territoires, des mains-d’oeuvre ? Et il faudrait s’enfoncer encore dans la mise en concurrence, sacrifier nos acquis, nos atouts, griller nos potentiels, « flexibiliser » les vies plutôt que protéger leur développement. Déséquilibrer toujours davantage le contrat de travail entre patron et salarié au détriment de ce dernier, ce n’est pas préparer l’avenir, c’est marcher à reculons de l’histoire.

La droite et le patronat se vantent souvent d’être ceux qui ont les pieds sur terre et regardent les réalités en face. En ce moment, c’est le sentiment exactement inverse que donne la politique gouvernementale : celle d’un train fou lancé à pleine vitesse qui entraîne notre pays dans un terrible crash humain et financier.

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