Adieu vacances.....

Publié le par Section de Cannes


Pouvoir d’achat en berne, vacances d’été en danger


Loisirs . Selon une étude de l’IFOP pour l’Humanité, les Français profitent de moins en moins de leurs congés d’été pour partir. Deux fois moins d’ouvriers qu’en 2004 se permettent des vacances.


Le pouvoir d’achat encore et toujours. Alors que s’annonce le mois d’août, synonyme de période la plus faste en termes de départs en vacances, force est de constater l’impact de la hausse des prix sur les congés d’été. Selon une étude de l’IFOP pour l’Humanité, réalisée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes sur « les Français et leur pouvoir d’achat », nos concitoyens partent de moins en moins en vacances. En 2005, 32 % des gens ne faisaient partie ni des juilletistes ni des aoûtiens. En 2008, ce pourcentage a enflé de 10 %, et c’est aujourd’hui 42 % des Français qui se voient exclus des vacances estivales.

41 % ne profitent pas de leurs congés

Les catégories populaires sont évidemment les plus durement touchées : en quatre années seulement, la proportion d’ouvriers ne partant pas en vacances a carrément doublé. En 2005, ils étaient déjà 20 % à ne pas profiter de leurs congés pour s’évader ; en 2008, ils sont désormais 41 %. « Cette donnée éclaire de manière impressionnante tous les discours qui inondent les médias à la faveur de l’été, commente d’emblée Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégies d’entreprise de l’IFOP. La catégorie populaire la plus exposée est celle des ouvriers et cette progression est régulière entre 2005 et 2008. » Même constat pour les employés, sur une période identique, ils étaient 34 % à ne pas pouvoir bénéficier de vacances il y a quatre ans, contre 47 % cette année.

Une tendance que l’on constate toutes catégories socioprofessionnelles (CSP) confondues. « Plus on monte dans l’échelle sociale et plus, c’est assez biblique, la part de ceux qui partent est élevée, mais tout le monde est concerné », détaille encore Jérôme Fourquet. Ainsi la proportion des cadres qui ne jouira pas d’un repos estival atteint 20 %, soit une augmentation de 8 % depuis 2005. Pour les professions intermédiaires, le chiffre de 29 % (+ 6 %) est avancé. Enfin, chez les retraités, il représente plus de la moitié (57 %). « Les retraités, pour des questions de moyens mais également de mode de vie, sont ceux qui partent le moins en vacances. Ils sont plus sédentaires de par leur âge ou bien ils partent hors saison », commente-t-on à l’IFOP.


le pouvoir d’achat, principal souci.

En résumé, la baisse du pouvoir d’achat n’épargne personne et cette réalité est durement ressentie par les sondés. Pour preuve, au cours de l’automne 2007, le pouvoir d’achat a détrôné l’emploi comme principale préoccupation des Français. « Hormis la brève période lors du passage à l’euro, il faut remonter à la fin des années 1970 pour trouver pareille situation, détaille Jérôme Fourquet. Il s’agit d’un basculement historique qui n’a rien de ponctuel. Notre enquête démontre que ce sont d’abord certaines catégories qui ont été touchées de plein fouet et qui ont ressenti plus rapidement que d’autres que le pouvoir d’achat était le problème le plus important dans l’Hexagone. En l’occurrence, les ouvriers (à 53 %) et les habitants des zones rurales (à 44 %). Des personnes qui dépendent beaucoup de la voiture pour aller travailler ou faire leurs courses. Ensuite, on voit une espèce de contagion aux autres couches de la population. Les urbains ont rattrapé leur retard (46 %, soit 20 % d’augmentation depuis décembre dernier). Par ailleurs, la courbe s’affole chez les cadres, plus 21 points par rapport à septembre 2007. Cette hausse date de janvier 2008, quand la courbe des ouvriers commençait à grimper quatre mois auparavant. » Enfin pour 77 % des personnes interrogées la hausse des prix et l’inflation vont être « structurelles et durables ». « Les trois quarts des Français ont le même sentiment, pointe Jérôme Fourquet. Il ne s’agit pas d’une poussée de fièvre ou d’une angoisse subite, il y a plutôt l’idée que ça va être dur et long. »

Sophie Bouniot (Humanité)

Publié dans cannespcf

Commenter cet article