Station d'épuration: l'eau douce est salée!

Publié le par Section de Cannes


La nouvelle station d’épuration : les consommateurs vont payer !

 

La facture d’eau que  recevront les consommateurs du bassin cannois, en juillet prochain, ne sera pas « épurée », car elle sera salée…comme l’eau de mer ! Ce serait la conséquence de la reconstruction de la station par la Lyonnaise des eaux…qui fait financer par les consommateurs une partie de l’investissement de 77 millions d’euros prévus à l’origine. Le mètre cube d’eau passera de 0,782€ à 0,866€, soit +10,7% (hors TVA sur la base de 120 m3 par an) !

 

Pour l’appel d’offre, trois opérateurs (Lyonnaise des eaux, Veolia, et Saur) ont été sollicités et ont présenté des projets similaires. C’est l’opérateur préféré du maire de Cannes qui a remporté le marché ! Hasard ? Le marché de l’eau reste donc entre les mains du secteur privé. Pourquoi ne pas avoir envisagé une gestion publique communale, par un syndicat inter-communal ?  Un grand nombre de communes en France (et pas seulement de gauche) ont repris la gestion publique de l’eau, ce qui a diminué considérablement le prix payé par les consommateurs !

La Lyonnaise des eaux prévoit un chiffre d’affaire de 213 millions d’euros sur les 20 ans que durera la concession, soit une rentabilité de 6%, plus qu’un bon investissement immobilier locatif haut de gamme. Ce sont les consommateurs du bassin cannois (Cannes, Mandelieu, Théoule, La Roquette, Auribeau, Le Cannet, Mougins et Pégomas) concernés par ce projet qui seront à la merci des actionnaires de la Lyonnaise des eaux ! Vous payez les tarifs imposés et vous aurez de l’eau, vous ne payez pas, contentez vous de l’eau de mer…salée, comme les factures de la Lyonnaise des eaux !

 

Or, l’eau est un bien PUBLIC. Il est nécessaire de se ré-approprier sa gestion : refusons la marchandisation de l’eau en considérant celle-ci comme bien commun de l’humanité. Il faut une gestion de l’eau dégagée  des impératifs de rentabilité. Cet objectif concerne tous les niveaux : communal, national, européen, mondial. Le sort de l’eau ne peut plus se décider en dehors des populations et donc du rôle primordial des citoyens dans la définition et l’organisation du service. Les pouvoirs publics doivent être responsables en matière de financement des investissements nécessaires, en développant la maitrise et le contrôle public du secteur de l’eau et des déchets par la mise en place d’un véritable service public décentralisé.

Quelques propositions :

Ø     Création d’une agence nationale de l’eau pour assister les élus en terme     d’expertise ,

Ø     Création d’opérateur public, face aux groupes privés,

Ø     Nationalisation de VEOLIA Environnement,

Ø     Renforcement du rôle des associations, des consommateurs….

Ø     Définition par la loi des règles lisibles, en matière de normes de service, de tarifs, de contrôle des pollutions…

 

Alors Messieurs les maires du bassin cannois, quand aura lieu un véritable débat public sur la gestion de l’eau et des déchets : gestion publique ou gestion privée ? Qui y perd, qui y gagne ?  

Publié dans cannespcf

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