Sarkosy : Antisocial, autoritaire, démagogue...

Publié le par Section de Cannes

 




Le discours de Sarkozy lors d’un meeting de l’UMP (Union pour Maintenir la Profitation) aura confirmé la triple caractéristique de ce pouvoir : antisocial, autoritaire et démagogue.

 

Démagogue : les « sabres de bois » agités contre les patrons voyous le prouvent. « Pas responsables », « pas honnêtes », les mots claquent. Mais aucune vraie mesure législative prise. Tout juste l’évocation d’un vague projet, renvoyé à l’automne. Pourtant, dès ce jeudi 26 mars, le gouvernement avait la possibilité de « faire » : le projet de loi des sénateurs du groupe des Elus Communistes et Républicains venait à l’ordre du jour. Avec trois mesures claires : l’abrogation du bouclier fiscal, l’encadrement des indemnités de départ des dirigeants (les « parachutes dorés »), la suppression des stocks options. Alors que Sarkozy avait déjà promis une loi contre les « patrons voyous » (en mai 2007 !), il n’en aura toujours rien été en ce 26 mars 2009 ! Sarkozy ment effrontément.

 

Antisocial : Démentant les propos, toujours rassurants, de madame Lagarde, le recul de 2% de la consommation de produits manufacturés en février et les chiffres du chômage viennent confirmer la violence de la récession. Sarkozy tente de snober les manifestations du 19 mars et leur exigence de véritables mesures anti-crise pour seulement renvoyer à « fin juin » une évaluation des « mesures déjà prises ». Pendant ce temps la casse sociale continue ! Qu’il s’agisse des licenciements boursiers, de l’étranglement des PME ou de l’affaiblissement des services publics. La totale saturation du « Pôle Emploi » ( résultant de la fusion ANPE-ASSEDIC), comme la nouvelle fermeture au public des bureaux de la CAF dans les Alpes Maritimes pour surcharge de dossiers en souffrance, montrent que ces difficultés touchent aussi les services sociaux !

 

Autoritaire : autant les « patrons voyous » n’ont droit qu’à une admonestation verbale, mais les jeunes délinquants pris, « pour la seule appartenance à une bande », auront droit « dès le mois d’avril », à une loi avec jusqu’à « trois ans de prison ». L’envoi de policiers au domicile privé de citoyens pacifistes de Strasbourg pour faire enlever des fenêtres les drapeaux de la paix,  « PEACE », montre ce caractère autoritaire. Comme la révélation par l’Humanité de ce mercredi 25 mars, d’un quota de 5500 personnes à interpeller au motif qu’elles auront « aidé une femme ou un homme sans papiers » : le fameux « délit de solidarité » de la loi CESEDA. On comprend que le ministre Besson n’ait pas aimé le film « Welcome » !!!

 

C’est bien à un pouvoir, arc-bouté de façon agressive sur son égoïsme de classe, que le mouvement populaire doit faire face. Pour être efficace, la riposte doit allier un contenu clair, comme la plate forme intersyndicale de janvier 2009, et une unité large permettant des mouvements d’une grande majorité des salariés. Avec une diversifiant des formes de mobilisation et en faisant vivre la démocratie sociale. Les actions des Universitaires et des étudiants cette semaine, à Nice et en France, l’ont encore illustré.

 

L’heure est à amplifier la résistance, et à la vigilance face à un pouvoir dangereux. Donner à la riposte toute sa dimension politique contribue à lui donner plus de force. L’actualité et la pertinence du « Front de gauche pour changer d’Europe », à quelques jours du G20 et du sommet de l’OTAN, n’en sont que plus importantes. C’est en effet la seule proposition politique unitaire effective sur un contenu clair à gauche. Et quand « la maison brûle », il est urgent de ne pas « regarder ailleurs ».

Jean Paul Duparc  

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