Une taxe qui réchauffe la finance!

Publié le par Section de Cannes


La taxe carbone, un outil inefficace
. La taxe carbone permettrait de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. A priori séduisant, ce mécanisme n’est pas vérifié! Pour qu’un automobiliste renonce à l’usage de son véhicule, il est nécessaire que s’offre à lui un mode de transport alternatif fiable et efficace. Ce qui est souvent loin d’être le cas, la voiture demeurant l’outil principal de déplacement. Par ailleurs, on notera qu’en l’état, la taxe carbone épargne les industriels des secteurs gros consommateurs d’énergie et fortement émetteurs, qui devraient être exonérées au prétexte de « la préservation de la compétitivité économique de l’industrie française ».

Un hold-up sur les ménages. La contribution climat-énergie programmée est un véritable « hold-up fiscal » de 4 milliards d’euros sur les ménages. Michel Rocard, évalue lui-même la facture autour de 300 euros par an et par ménage. La taxe est en fait un « paravent vert » visant à dissimuler un transfert de prélèvements des entreprises vers les salariés. Côté cour, on institue la taxe carbone et côté jardin on supprime la taxe professionnelle, payée surtout par le patronat. Christine Lagarde ne déclarait-elle pas en août : « Le manque à gagner pour l’État lié à la réforme de la taxe professionnelle… pourrait être compensé en partie par les recettes de la future taxe carbone. » Le journal les Échos, pour sa part, notait que « la suppression de la taxe professionnelle devrait à elle seule représenter un gain de trésorerie de 10 à 12 milliards pour les entreprises ». 

Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour y parvenir, une transformation radicale du système économique et une remise en cause des mécanismes de la mondialisation capitaliste sont nécessaires. La surexploitation des énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon), la hausse constante des échanges commerciaux sont en effet à l’origine d’une croissance sans précédent des émissions de gaz à effet de serre.

Énergie, l’exception française. Le secteur de l’énergie en Europe est l’un des principaux pourvoyeurs de gaz à effet de serre. Dans la plupart des pays membres de l’UE, il représente un tiers des émissions en raison de l’utilisation massive de centrales thermiques, en particulier celles consommant du charbon. Avec une part de seulement 13 % de ses émissions, la France fait exception. Un rang qu’elle doit au choix du développement de la filière nucléaire.

Transports, la concurrence réchauffe le climat. Les transports sont le principal secteur émetteur de gaz à effet de serre en France et le second en Europe (respectivement 35 % et 26 % des émissions en 2005). Une situation qui découle de l’hégémonie du transport routier (79 % du fret en 2005 en France, 73 % en Europe). En France, le rééquilibrage en faveur de mode alternatif à la route implique une remise en état du réseau ferroviaire et le choix de développer le fret ferroviaire.

Des normes et des critères écologiques. Il pourrait être possible d’établir une modulation incitative de l’impôt sur les sociétés. Cela suppose de donner la priorité au développement humain, à l’emploi, la formation, la qualification qui, seuls, peuvent permettre une utilisation efficace de ces nouvelles technologies. Les banques pourraient mettre en œuvre un crédit sélectif réduisant d’autant les taux d’intérêt que le projet permettrait de financer des investissements réduisant les pollutions et les émissions de gaz carbonique

Publié dans cannespcf

Commenter cet article