Les retraités votent aussi!

Publié le par Section de Cannes

Pas de coup de pouce pour les pensions…

 

RETRAITES . Les pensions n’augmenteront que 1,1 % au 1er janvier, moins que l’inflation prévue, a annoncé hier le ministre du Travail. Le mode d’indexation sera rediscuté au printemps prochain.

 

 

L’année 2008 se présente sous de mauvais auspices pour les retraités. Lors de la réunion, hier, de la « conférence de revalorisation » des pensions, avec les syndicats et le patronat, le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a annoncé qu’ils devront se contenter d’une hausse de 1,1 % au 1er janvier, alors que l’inflation est, depuis plusieurs mois, en nette accélération, suivant actuellement un rythme annuel supérieur à 2 %. Officiellement, le gouvernement lui-même table sur une hausse des prix de 1,6 % l’an prochain. Autant dire qu’en guise de cadeau de Noël, l’équipe Fillon-Sarkozy offre aux retraités la promesse d’une baisse du pouvoir d’achat d’au moins 0,5 %. Encore faut-il rappeler que l’inflation calculée par l’INSEE, qui sert de référence au gouvernement, est au-dessous de la réalité, pour les retraités comme pour les salariés, singulièrement pour les moins aisés d’entre eux.

 

Xavier Bertrand a d’ailleurs implicitement admis l’insuffisance de la revalorisation décidée, en déclarant « qu’il faudrait probablement aller au-delà de la hausse de 1,1 % ». Mais le ministre a renvoyé toute décision concernant un coup de pouce à la négociation globale sur les retraites, prévue au printemps prochain. Un « point précis » sera fait à cette occasion sur l’inflation constatée pour 2007 et prévue pour 2008, a-t-il promis. Pour l’heure, les retraités, dont, de l’avis de tous les syndicats, le pouvoir d’achat est régulièrement érodé depuis des années, sont donc priés d’attendre encore plusieurs mois pour une éventuelle correction. Or, comme le notait le représentant de FO, Bernard Devy, à la sortie de la réunion, « ils ne peuvent payer leur fioul ou les produits de première nécessité avec des hausses évoquées dans quatre ou cinq mois ». Sans surprise, Xavier Bertrand a pu compter sur l’appui du MEDEF dont le délégué, Jean-René Buisson, a brandi la « situation financière dégradée de nos comptes sociaux » pour justifier le refus de mesures de revalorisation.

 

Concernant les négociations de 2008, le gouvernement s’emploie déjà à baliser le terrain en faisant valoir que le niveau de vie des retraités serait en réalité proche, en moyenne, de celui des actifs… si l’on prend en compte les revenus de l’épargne et l’avantage tiré du fait que beaucoup sont propriétaires de leur logement et n’ont donc pas de loyer à payer. Un raisonnement qui ignore les profondes inégalités inhérentes au patrimoine. Pour la CGT, seul un retour à l’indexation des pensions sur les salaires est à même, non seulement de garantir un niveau de vie décent aux retraités, mais de préserver la solidarité intergénérations au coeur du système par répartition. Elle permet aux personnes de plus de soixante ans, dont l’espérance de vie s’allonge et dont le rôle économique et social est en proportion, de participer au partage de la richesse nationale.            

 

 

 

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