Système éducatif : la grande casse (1er épisode)

Publié le par Section de Cannes

Quelques éléments de réflexion d'après une étude d'ATTAC de février 2010 


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LA DESTRUCTION PROGRAMMEE DU SYSTEME EDUCATIF FRANÇAIS


vitaminez la gaucheLes deux dernières années sont marquées par l’attaque la plus violente qu’ait jamais subi notre service public de l’Education Nationale.

Disons, pour être plus précis, qu’il s’agit d’une entreprise délibérée de destruction

systématique, d’autant plus meurtrière qu’elle s’est attaquée, simultanément à tous les niveaux d’enseignement, de la maternelle à l’université et ceci dans tous les domaines : structures, programmes, formation-affectation-service des enseignants, vie des élèves, rôle des collectivités locales, attributions et coupes budgétaires …..

A première vue les ministres concernés, Xavier DARCOS (1) et Valérie PECRESSE sont, dans cette entreprise, en toute responsabilité. En réalité, ils ne font, assurés de la volonté présidentielle, que mettre en musique - certes, avec un entêtement sans faille et même un certain enthousiasme des directives qui viennent de loin.

Jusqu’au début des années 80, le CAPITALISME est encadré, cohabitant, en France notamment, avec l’Etat social, voire l’Etat providence.

Monte alors en puissance le NEO-LIBERALISME, capitalisme débridé qui prétend tout subordonner au MARCHE, à la CONCURRENCE, supprimer toute réglementation restrictive, intégrer ce qui lui échappe encore, y compris le champ de l’échange symbolique : l’EDUCATION et la CULTURE. Disparaît ainsi, le « rêve » d’un système éducatif émancipateur. Il doit se soumettre à la loi marchande. « SEUL EST UTILE CE QUI PEUT CREER UN PROFIT »

 

° Dès 1983, au sein de l’U.E.(Union Européenne) se met en place l’E.R.T.(table ronde des industriels européens) puissant lobby de 47 grandes firmes européennes qui élabore quantité de rapports transmis à la Commission Européenne (vrai pouvoir législatif de l’U.E.) qui les reprend, le plus souvent sans changement notoire - quelquefois au mot près sous forme de Directives.

° Dès 1985, la Commission "Enseignement" de l’E.R.T. présidée par le PDG de PETROFINA, affirmant que les enseignants ont une compréhension insuffisante des règles du marché, du commerce, de l’industrie, déclare « qu’ils ne sont pas nécessaires », que des prestataires de service éducatifs « feraient mieux l’affaire…, qu’il convient de développer l’enseignement à distance ….. »

° En 1989, publication du Rapport « Education et Compétences en Europe » qui confirme la réduction nécessaire du rôle des enseignants. La notion de SAVOIRS a disparu au profit de COMPETENCES telles que : employabilité…rentabilité…flexibilité…mobilité…L’éducation et donc l’enseignement sont strictement destinées à « servir le monde économique »

-« Est rationnel ce qui est utile, est utile ce qui peut créer du profit »

°En 1994, l’O.M.C engage l’A.G.C.S. (Accord Général sur le Commerce des Services). Dans un premier temps, l’U.E. en exclut l’Enseignement Public au motif qu’il est organisé par les Etats. Peu à peu, sous la pression de l’O.C.D.E. et de l’E.R.T. se met en place l’intégration de l’Enseignement Supérieur dans les grand marché mondial.

En 1995/1996 est affirmée la nécessité d’une « Education du berceau au tombeau ».

L’O.C.D.E. publie alors, dans son Cahier de Politique n°13 (1996) :

- « L’apprentissage à vie ne saurait se fonder sur la présence permanente d’enseignants mais doit être assurés par des prestataires de services éducatifs (…..) LES ENSEIGNANTS QUI SUBSISTERONT S’OCCUPERONT DE LA POPULATION NON RENTABLE ….

... à suivre...

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