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Publié le par Section de Cannes


Taxe carbone, le vert de trop


« Rupture d’égalité devant les charges publiques. »


Par ces quelques mots de motivation sans équivoque, le Conseil constitutionnel, en retoquant sévèrement le projet de loi sur la « taxe carbone », a caractérisé la nature profonde du sarkozysme : une « rupture d’égalité ». Mais ce n’est pas tout. Au passage, le Conseil inflige l’un des plus retentissants échecs personnels du président en exercice. Ne boudons pas notre contentement. Le choc ressenti à l’Élysée, juste avant l’entrée en vigueur du dispositif législatif présenté comme la « mesure phare du projet de budget 2010 », et à trois mois d’une échéance électorale, sonne comme le glas d’un plan de com surjoué dont la principale victime restera l’environnement…

 

Il était en effet injustifiable que 93 % des émissions d’origine industrielle soient dispensées par cette nouvelle taxe et que, au final, cette « contribution carbone » soit devenue un impôt supplémentaire sur les carburants. Les pauvres de nouveau taxés ; les puissants épargnés. Même pour les sages, peu exempts de reproches ces dernières années, trop c’était trop. Qu’attendent-ils, d’ailleurs, pour interdire le bouclier fiscal ou journalières desla taxation des indemnités  accidentés du travail ? Reste toutefois la vraie question : après le fiasco du sommet de Copenhague, dont Sarkozy porte la coresponsabilité, la France est-elle capable d’enfanter une fiscalité qui respecte l’égalité des contribuables tout en étant cohérente avec des objectifs de développements sociaux respectueux de l’environnement ? Avec les logiques actuelles de taxation des ménages et d’exonération des grands groupes capitalistes, poser la question, c’est déjà y répondre…

Le Conseil constitutionnel n’avait pas d’autre solution que de censurer cette taxe carbone injuste : la loi ne peut créer des inégalités flagrantes entre les citoyens ! En ce domaine, 2010 promet de nombreux rendez-vous importants. Du dossier des retraites à la « réforme » des territoires, en passant par celle des lycées ou la carte judiciaire, etc., l’année promet quelques batailles sérieuses. Nous éloigneront-elles pour autant du pseudo-débat sur l’identité nationale, qui ne sert qu’à détourner l’opinion de la question sociale ? Face au gouvernement le plus réactionnaire depuis Pétain, rien n’est moins sûr. Car pour Sarkozy, un lien idéologique existe entre la revendication identitaire et l’atomisation sociale en cours, entre l’exaltation d’une France définitivement chrétienne et un élitisme entrepreneurial. Dans les deux cas, c’est l’exacerbation d’une pensée profondément ultra-droitière qui opère. Une sélection par le sang et l’argent…

Choc de classes, choc des civilisations, choc des mémoires : le néonationalisme à l’œuvre (française) conduit à la stigmatisation, à la division des uns contre les autres, à la haine, autrement dit à une griffure insupportable à notre pacte républicain. Or, que souhaiter de mieux sinon un retour ardent et impérieux aux obligations sociales et républicaines ? L’an III du sarkozysme débute par un revers. Certes. Mais notre résistance et nos combats doivent s’intensifier.

Tel est notre principal vœu pour 2010 !

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