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Publié le par Section de Cannes

CIRQUE-CLOWN-SARKO.jpgLa prétendue efficacité de la taxe carbone.

La Commission européenne se montre désormais favorable à l’instauration de cet impôt, alors qu’il semble que celui-ci est quasi sans effet sur les émissions de gaz à effet de serre.

 

Enterrée, la taxe carbone ? Des commentateurs ont cru déceler là un renvoi aux calendes grecques de l’impopulaire impôt. Ils semblent qu’ils soient allés un peu vite en besogne. Le chef de l’État conditionne la mise en œuvre de cette taxe à une décision européenne. Or, après y avoir longtemps été hostile, la Commission européenne vient de changer brusquement d’avis. Sa porte-parole, Emer Traynor, a fait savoir il y a quelques jours que l’instauration de ce nouvel impôt est une « priorité » pour Algirdas Semeta, le nouveau commissaire chargé de la fiscalité.

Pour justifier cet impôt qui visera les voitures particulières, le gaz et le charbon, la Commission européenne reprend à son compte les arguments sur sa prétendue efficacité. La taxe carbone aurait fait ses preuves dans les pays où elle est en vigueur. Ah bon ? Ce n’est pourtant pas ce que suggère l’évolution des émissions de gaz à effet de serre des États concernés. Célébré comme un pays leader en matière d’écologie au moment de la Conférence sur le climat qui s’est déroulé dans sa capitale, Copenhague, en décembre dernier, le Danemark a instauré sa taxe carbone en 1992. Entre cette date et 2007, ses émissions de CO2 sont passées, selon la Banque mondiale, de 52 millions de tonnes à 59,4 millions de tonnes. Même constat, en tonnes par an et par habitant, puisque le Danemark est passé de 10,42 à 11,47. En Finlande, où la taxe est entrée en vigueur en 1990, les émissions de CO2 ont fait un bond de près de 50 %, passant de 50 à 74 millions de tonnes entre cette date et 2007, soit de 9,87 à 14,21 tonnes par an et par habitant. L’efficacité de la taxe carbone est loin d’être évidente. Peu efficace, une taxe carbone est aussi socialement injuste. L’OCDE note ainsi que « les taxes sur l’énergie peuvent avoir un effet régressif direct sur la répartition du revenu des ménages. Les ménages modestes consacrent en effet une plus forte proportion de leurs revenus au chauffage, par exemple, que leurs voisins plus aisés, de sorte qu’une taxe qui fait monter le prix de l’énergie utilisée par les ménages a plus de répercussions sur les familles modestes ».

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