Journal Octobre 2006 [ 1, 2, 3, 4 ]
Jeudi 17 juillet 2008

La naissance de GDF Suez


Un nouveau géant français de l’énergie, de l’eau et des déchets, GDF Suez, est né à l’issue du vote des actionnaires de chaque groupe sur la fusion, et prévoit déjà de gâter ses actionnaires, en leur versant dès cette année un dividende exceptionnel. Retrouvez dans L’Humanité du Jeudi 16 Juillet, notre analyse sur les conséquences de la fusion.

Les actionnaires de chaque groupe, réunis en assemblées générales extraordinaires, devraient approuver sans surprise cette union et mettre un terme au feuilleton d’un mariage annoncé en février 2006, entre le groupe public gazier GDF et le groupe privé d’énergie, d’eau et de déchets Suez.

Les administrateurs de GDF et de Suez avaient déjà approuvé début juin le projet de fusion, validé ensuite mi-juin par l’Autorité des marchés financiers.

Jeudi, l’arrêté de privatisation de GDF paraîtra au Journal officiel et les deux patrons tiendront un point presse au siège du nouvel ensemble, un immeuble du VIIIe arrondissement occupé un temps par EDF, principal concurrent du nouveau groupe.

GDF Suez sera baptisé en Bourse le 22 juillet, avec une première cotation, qui permettra de connaître sa valeur aux yeux des investisseurs —93 milliards d’euros mardi en additionnant les capitalisations des deux groupes— et avec la première réunion de son conseil d’administration.

Comme promis à l’automne, le nouveau groupe proposera dès cette année à ses actionnaires, dont le premier d’entre eux sera l’Etat français (35,6% du capital), le versement d’un dividende exceptionnel de 0,80 euro par action, qui s’ajoutera au dividende ordinaire.

GDF et Suez avaient prévu en octobre une "rémunération attractive" de leurs actionnaires, basée sur le "développement" du nouveau groupe.

Une bonne nouvelle pour les actionnaires. Quant aux ménages…

Pour les ménages en revanche, les nouvelles pourraient être moins bonnes puisque le futur numéro deux de GDF Suez, Jean-François Cirelli, a affirmé que les tarifs réglementés du gaz (fixés par l’Etat), qui ont déjà augmenté de près de 10% depuis janvier pour les particuliers, pourraient encore progresser si les prix du pétrole dépassaient durablement les 140 dollars le baril.

Un autre sujet d’actualité pour le futur groupe sera le nucléaire. GDF Suez a promis de dire, avant début 2009, dans quel pays il entend construire un réacteur nucléaire de troisième génération de type EPR.

Si ce choix portait sur le projet de deuxième EPR en France, tel qu’annoncé le 3 juillet par le président Nicolas Sarkozy, GDF Suez le construirait en partenariat, ont déjà précisé les deux groupes.

Cette question va en tout cas aviver la concurrence entre GDF Suez et EDF, principal exploitant des centrales françaises.

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Jeudi 17 juillet 2008

CONSTITUTION : Attention danger !

 

Le 21 juillet 2008, le Président Sarkozy tentera de faire adopter par le congrès son projet de révision constitutionnelle. Le texte proposé constitue une menace grave pour notre démocratie. C’est une réforme sur mesure pour Sarkozy, faite pour donner à un Président qui veut décider de tout, les moyens légaux d’accroître ses pouvoirs.


 

La Constitution est un texte fondamental.  Elle organise la répartition des pouvoirs et le fonctionnement des grandes institutions qui en sont dépositaires. Alors que toute modification importante devrait être soumise au débat et au vote des citoyens par référendum, Sarkozy fait passer son projet au coeur de l’été, sans véritable débat national sur les enjeux immenses de cette réforme piège.

 

Une réforme piège...

Piège parce qu’elle réduit les pouvoirs du Parlement au profit de ceux de l’exécutif et du Président de la République :

● en réduisant le droit d’amendement des parlementaires ;
● en permettant au chef de l’État de décider des interventions armées sans vote du Parlement ;
● en donnant au Président de la République la possibilité de s’exprimer devant les Assemblées sans que celles-ci aient les moyens de sanctionner ce discours par un vote ;
● en enfermant la politique budgétaire dans des contraintes gravées dans le marbre constitutionnel qui empêchent l’état d’agir ;

Au final, en faisant du Président de la République le véritable chef du gouvernement, la réforme exonère celui-ci de tout contrôle du Parlement sur son action et ses décisions. Bref, de quoi donner à Sarkozy les moyens d’aller encore plus vite et encore plus fort dans sa politique de mauvais coups.

... qui peut être déjouée...

La gauche peut faire échec à cette logique. C’est son devoir de s’opposer à une réforme qui ferait de Sarkozy, le chef d’État occidental aux pouvoirs les plus étendus, plus encore que ceux dévolus par le régime présidentiel des Etats-Unis. Le 21 juillet, pas une voix des parlementaires de gauche ne doit manquer pour empêcher ce coup porté à la démocratie : face à un tel danger, si on est de gauche on vote non ! Les parlementaires communistes y sont résolus.

Pour une République sociale et participative.

Au lieu de concentrer encore plus de pouvoir entre les mains d’un seul, les communistes proposent de donner beaucoup de pouvoirs nouveaux aux citoyennes et aux citoyens. Pour se faire entendre réellement. Pour que les décisions soient prises dans l’intérêt de tous, et non de quelques uns.

Une République démocratique où le Parlement retrouve sa légitimité et ses pouvoirs
● Élections à la proportionnelle
● Limitation du cumul des mandats et parité
● Droit de vote des étrangers résidents aux élections locales et européennes
● Obligation de consulter le Parlement sur les choix européens et internationaux
● Profonde démocratisation du Sénat
● Respect du pluralisme par les médias, notamment le service public

Une république participative, où les citoyen-nes aient des pouvoirs réels d’intervention directe
● Rendre la démocratie participative constitutionnelle et doter les collectivités des moyens pour favoriser la participation citoyenne ;
● Associer les citoyens aux décisions budgétaires des collectivités et rendre obligatoires des comptes rendus réguliers de mandat des élus ;
● Reconnaître le droit au référendum d’initiative citoyenne (localement et nationalement)

Une république sociale, où les salarié-es puissent faire respecter leurs droits et leurs intérêts dans les entreprises
● élargir les droits collectifs des syndicats et des institutions représentatives du personnel ;
● permettre aux salariés et à leurs syndicats d’intervenir sur les choix et proposer des stratégies alternatives, ● permettre aux représentants de la collectivité de faire valoir les aspects territoriaux et environnementaux.
● mise en place d’un cadre public légal de contrôle des grandes entreprises, permettant notamment de conditionner les subventions ou marchés publics au respect de clauses sociales et environnementales.

Plus de pouvoirs au Président ? Non ! Plus de pouvoirs aux citoyens ?
Oui !

Parti communiste français – 11 juillet 2008

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Jeudi 10 juillet 2008

La contre-révolution "silencieuse"!


Les députés de droite ont voté le texte qui démolit les 35 heures, en confiant la fixation de la durée du travail à des accords d’entreprise. PS et PCF ont voté contre.

On sait, dans la doctrine sarkozyste, que « plus personne ne doit s’apercevoir » que les syndicats appellent à une grève. Depuis hier, cela vaut aussi quand ils signent un accord social. Mardi soir, l’Assemblée nationale a en effet voté le projet de loi sur « la démocratie sociale et le temps de travail ». « Le projet contre la démocratie sociale et contre le temps de travail », l’ont rebaptisé, hier, des assistants de parlementaires de gauche dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Particularité du texte : celui-ci viole en effet, contre toute attente des syndicats, l’accord majoritaire mis au point entre la CGT, la CFDT, et le MEDEF et la CGPME sur la rénovation des règles de la représentativité professionnelle. Et démolit du même coup plusieurs décennies de législations en matière de durée du travail.

« TRAHISON » DES PARTENAIRES SOCIAUX!

326 députés (UMP et Nouveau Centre) ont adopté le projet de loi, hier, avis contraire (PScontre 222 d’un  et PCF). Benoist Apparu (UMP) a justifié la volte-face du gouvernement, piétinant l’accord des partenaires sociaux, par l’engagement de Nicolas Sarkozy qui veut que, quand l’accord « ne répond pas clairement aux objectifs du gouvernement, ce n’est pas un bon accord et l’État se réserve le droit de le dire ». En clair : « Les partenaires sociaux ont le droit de négocier, à condition que le résultat final soit fixé d’avance par le gouvernement et l’UMP », a ironisé Alain Vidalies (PS), lors de l’explication du vote négatif de son groupe, hier, à l’Assemblée nationale, dénonçant la volonté de Nicolas Sarkozy d’« humilier les syndicats  ». « Ce projet restera comme celui de la trahison de l’accord des partenaires sociaux et de l’émiettement des règles » de la durée du travail, a fustigé le député des Landes dans son intervention. La CGT, la CFDT, mais aussi les organisations patronales avaient dénoncé les méthodes du gouvernement. Roland Muzeau a fait une démonstration dans des termes voisins. Moins de trois mois après les promesses de Nicolas Sarkozy sur le respect du dialogue social (dans le Monde du 19 avril), le gouvernement mène son projet « à la hussarde et sans concertation  », s’est indigné le porte-parole des députés communistes et républicains, qualifiant lui aussi de « trahison  » le projet de loi qui travestit l’accord des syndicats sur le chapitre du temps de travail. « La CGT et la CFDT vous avaient demandé expressément de reprendre leur position commune. Votre décision est de passer outre et d’imposer en catimini une réforme en profondeur de la durée du travail. » Pour Roland Muzeau, les résultats ne devraient pas tarder à se faire sentir concrètement pour les salariés, qui se traduiront pour certains par « un samedi sur trois travaillé, la monétisation des repos… C’est la porte ouverte aux abus des employeurs, la hiérarchie des normes est inversée, l’ordre public social mis à mal ».

CE QUE LA DROITE CHERCHE À DISSIMULER.

Un diagnostic que la droite a cherché à dissimuler en cherchant à vider de sa substance la fixation de la durée légale de travail, plutôt que d’abroger purement et simplement les lois sur les trente-cinq heures. Dans la novlangue en vigueur à l’UMP, cela s’appelle donner « la priorité aux accords d’entreprise par rapport tout autre forme d’accord » pour « mieux prendre en compte les impératifs de la vie des salariés en même temps que les contraintes des entreprises », selon le rapporteur UMP, Jean-Frédéric Poisson, qui a opposé les « négociateurs professionnels » des branches aux salariés « de base ». Paradoxalement, au moins en apparence, la doctrine sarkozyste du « moins d’État » dans les relations sociales se conclut ainsi par le vote d’un texte législatif, pour « faire confiance aux partenaires sociaux (sic) en les associant à ce qui les concerne » (re-sic), la loi et le règlement étant « renvoyés à leur fonction de base qui est d’édicter la norme », selon Jean-Paul Anciaux (UMP), rapporteur pour avis de la commission économique. En clair, « les 35 heures sont maintenues à titre d’anecdote » dans le droit du travail, a dénoncé Roland Muzeau, la réduction du temps de travail servant de « bouc émissaire de l’échec économique du gouvernement  ». « Votre logique joue contre les salaires et l’emploi », a-t-il lancé, répliquant à Pierre Méhaignerie (UMP), le président UMP de la commission des Affaires sociales, qui a déclaré que, « pour travailler tous, il faut travailler plus » : « Depuis plus d’un siècle, on a pu à la fois réduire le temps de travail et augmenter la productivité. » À condition de sortir de la logique du « moins-disant social  » dénoncé par le député communiste et les syndicats.

Sébastien Crepel pour L’Humanité du mercredi 9 juillet

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Jeudi 26 juin 2008

Assurance maladie : un plan effarant

L’assurance maladie prépare un plan de réduction des dépenses de 3 milliards pour ramener d’ici 2011 le financement de la sécurité sociale à l’équilibre. Parmi les mesures proposées, celle de rembourser à 35% les médicaments actuellement pris en charge à 100% pour les personnes en affection de longue durée (ALD).

Ce plan effarant est une véritable insulte aux fondements de l’assurance maladie dont l’objectif, faut-il encore le rappeler, est de garantir à chacun l’égal accès aux soins. Avec ce genre de logique comptable, pourquoi dès lors s’arrêter en si bon chemin ? Autant en finir des maintenant avec tous les remboursements ! Pour le coup l’équilibre serait ainsi atteint.

Cette politique d’acharnement sur les assurés coupables d’être malade et qui vient après l’instauration des sinistres franchises médicales, n’a que trop duré. Pourtant il existe des mesures alternatives à la mise en cause de l’offre publique de soins. Il en est même une qui a été proposée par la cour des comptes, celle de taxer les opérations financières au même niveau que les salaires, ce qui permettrait de combler largement les déficits de la sécurité sociale.

Parti communiste français

Mardi 24 juin 2008

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Vendredi 30 mai 2008


Empêcher ce mauvais coup !



Le projet de loi remis par le Ministère du Travail aux organisations syndicales dans la nuit du 28 mai relève d’une démarche malhonnête du gouvernement. Le texte amalgame la nécessaire transposition dans la loi de la réforme de la représentativité et des règles de validation des accords à une remise en cause importante de la législation sur le temps de travail : 69 articles du code du travail se trouveraient supprimés ou modifiés !

Ce projet réaffirme le fait que tous les salariés (cadres et non cadres !) peuvent être soumis par leur employeur au régime du « forfait en heures » hebdomadaire ou mensuel par une simple convention individuelle modifiant le contrat de travail. De plus, la limite de 218 jours travaillés pour les cadres en forfait jours annuels pourraient être dépassée ainsi, ces salariés verraient leur nombre de jours de travail s’accroître considérablement. Autrement dit, la politique du « travailler plus pour gagner plus » prend à nouveau du plomb dans l’aile.

Les employeurs pourraient moduler le temps de travail sans être soumis à l’obligation d’établir une programmation des horaires ni de limiter les modulations par la définition de périodes hautes et basses ce qui rend impossible, pour le salarié, toutes projections dans l’avenir. Les salariés pourraient se voir modifier leurs horaires au gré de la volonté de l’employeur, celui-ci n’ayant plus qu’à respecter un délai de prévenance individuel défini par accord collectif. Le gouvernement prépare une aggravation considérable de la flexibilité du temps de travail.

Les dispositions du droit du travail concernant les repos compensateurs obligatoires pour les heures supplémentaires effectuées dans le cadre du contingent disparaissent. De plus, lorsque ces repos sont définis conventionnellement le projet de loi ne semble pas fixer de contrepartie minimum contrairement à la loi actuelle.

Le gouvernement a décidé de mépriser le résultat de la négociation collective qu’il a lui-même demandée aux organisations patronales et syndicales. Il se place ainsi dans une posture où il satisfait des revendications patronales dont le MEDEF ne demande pas officiellement la mise en œuvre.

La CGT entend créer toutes les conditions pour empêcher ce mauvais coup de passer. Les mobilisations unitaires en préparation pour donner une suite à la journée du 22 mai devront se donner cet objectif.

par Section de Cannes
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